Créatifs, tous copieurs ?

Créatifs, tous copieurs ?

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Créatifs, sommes-nous tous copieurs ? La question du plagiat reste délicat à aborder, surtout dans le milieu créatif. La frontière entre inspiration et plagiat reste assez floue. Dans un écosystème numérique et mondialisé, les risques sont bien réels et les enjeux sont majeurs, que ce soit pour les auteurs ou les "emprunteurs".

Le plagiat d'un point de vue juridique

Les textes de loi ne parlent pas de plagiat mais de contrefaçon aux termes de l'article L335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. Le plagiat n'a ici qu'une valeur morale. Pourtant plagiat et contrefaçon sont deux termes différents. Qu'est-ce qui les distinguent au juste ?

"toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi"
- article L335-3 du CPI

Le plagiat correspond au vol d'idées, tandis que la contrefaçon est l'utilisation frauduleuse de ces idées tant dans la forme ou l'expression. La distinction porte donc sur le caractère légal. Mais pour plus d'explications, tu peux lire un très bon article sur le site des Avocats Picovschi.

Tu peux donc le constater, rien qu'au niveau juridique le plagiat est une notion nuancée et très complexe.

Internet, outils numériques ... un risque décuplé

Le plagiat remonte à la nuit des temps mais on va dire qu'internet et autres réjouissances n'ont pas permis de protéger les auteurs de leurs oeuvres. Pour preuve, les réseaux sociaux témoignent des nombreux abus. Facebook, Instagram, Twitter, Pinterest...aucun ne sont épargnés.

On vante souvent les réseaux pour partager notre travail créatif. Mais à quel prix ? C'est une problématique car nous sommes directement concernés. Certains utilisateurs considèrent comme normal le fait de faire CTRL + C et CTRL + V. C'est le contraire. De ce côté là, les autorités manquent clairement de moyens, en tout cas en France. Nos voisins américains sont beaucoup moins laxistes en matière de droit d'auteur.

Se protéger en restant dans sa grotte ?

Il est évident que cette option n'est pas une solution viable. Nous avons besoin de ces réseaux pour promouvoir notre travail créatif (et ce malgré des clauses abusives). Il est toutefois possible de minimiser les risques en prenant certaines précautions. Je parle bien de minimiser le risque car on ne peut clairement pas parler de risque 0.

Les plagieurs profitent des négligences des auteurs crédules. A vous de prendre les dispositions nécessaires pour veiller à l'autenticité de votre travail. Mais poser un watermark sur vos photos suffit à vous protéger ? Bien sûr que non. Je dirais même que vos watermark n'ont aucune valeur.

Lors de la création de oeuvre, tu disposes d'un droit d'auteur par son caractère unique et original. C'est ce qu'on appelle la paternité. Mais bien sûr cela ne va pas suffire en cas de litige.

  1. Tu dois donc conserver tout ce qui peut attester de l'autenticité de ton oeuvre. Si t'es photographe, les fichiers bruts (RAW) font office de preuve.
  2. Tu peux également déposer tes dessins ou modèles par l'intermédiaire du brevet. Cette solution est plutôt destinée aux entreprises. Tu peux également déposer ton nom comme marque auprès de l'INPI. J'en parle plus en détail dans l'épisode 5.
  3. Avoir des preuves, ça ne suffit pas. La veille reste vitale pour se prémunir et agir vite en cas de plagiat, surtout si ton business en dépend. Plus tôt c'est détecté, mieux c'est.
  4. La meilleure défense reste l'attaque. En cas de plagiat avéré, il ne faut pas hésiter à faire valoir ses droits en justice. Cela peut être coûteux mais quel prix êtes-vous prêts à mettre pour protéger votre patrimoine créatif ?

Plagiat, bien plus que du vol !

Si on considère que les créations est liée à l'individu, plagier revient donc à voler l'identité de l'auteur. C'est ce qu'évoquaient de nombreux humouristes américains lorsque le scandale de plagiat a éclaté au grand jour. Et je ne pourrais pas être plus d'accord. Je suis la première à dire que nos créations sont le reflet de ce que nous sommes.

Donc fais très attention à la manière de "t'inspirer". Puiser dans ses inspirations est très positif quand on fait dans les règles. Voici quelques règles à suivre pour t'éviter d'éventuels problèmes. Ce sont des règles basiques qui témoignent de ton respect.

  1. Cite l'auteur qui t'as inspiré dans les normes que le support l'exige (écrit, visuel, ou sonore).
  2. Crédite l'auteur avec son nom, prénom ainsi qu'un lien pointant vers son site internet.
  3. Tu peux également remercier l'auteur, ça fait toujours plaisir !
  4. Prend du recul par rapport à ce qui t'inspires et ajoute TA touche personnelle. Trouve ce qui te rend UNIQUE.

Comme tu peux le constater le plagiat, le droit d'auteur restent des thématiques très complexes. Je pourrais en parler des heures. Mais je pense creuser certains points dans des épisodes supplémentaires.

Que faut-t-il retenir ?

La frontière entre inspiration et plagiat est difficile à définir et encore plus difficile à faire respecter. L'utilisation accrue d'internet, des réseaux sociaux rend encore plus compliqué le respect du droit d'auteur.

Pourtant, en tant que créatifs, nous sommes obligés d'être informés et armés en cas de violation de nos droits. Vous pouvez également prendre des mesures préventives pour réduire votre exposition au risque de plagiat. On n'est jamais trop vigilant.

En tant que créatifs, nous sommes également tentés de faire comme les autres. Mais faire comme les autres, signifie copier. Rappelle-toi ce qui te rend unique et incorpore cet ingrédient dans ta créativité !

Crédit : Javardh via Unsplash